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L’Asie centrale des steppes : De grands espaces très surveillés

Newsroom | 14 décembre 2022

Charnière entre Europe et Chine ainsi qu’entre monde russe et Orient, l’ex-Asie centrale soviétique s’étend sur 4 millions de kilomètres carrés. Riche d’une histoire millénaire, elle occupe une place très particulière dans l’imaginaire occidental et attire les voyageurs ; dotée de nombreuses ressources naturelles, elle est opportunité d’affaires mais demeure méconnue et demande une approche préparée.

GEODESK fait le point en deux articles : l’un, ci-après, sur l’Asie centrale des steppes (Kazakhstan, Ouzbékistan et Turkménistan) l’autre, à venir, sur l’Asie centrale des montagnes (Kirghizstan et Tadjikistan).

 

Eloignés de toute mer, les plaines et plateaux du Kazakhstan de l’Ouzbékistan et du Turkménistan ont toujours été le siège d’empires féconds et un espace de circulation entre Asie et Europe. Membres de l’Union des Républiques socialistes soviétiques depuis les années 20, ils sont devenus indépendants au début des années 90 en maintenant un lien soit nourri soit distendu avec la Russie.

 

Des conditions sécuritaires généralement correctes

Les trois pays qui nous intéressent peuvent être considérés comme sûrs.

Au Kazakhstan, la police est particulièrement présente ; les cas de violences signalés concernent le plus souvent les établissements nocturnes où les rixes (impliquant des étrangers, mais tout autant des de locaux) peuvent être fréquentes. Il en est de même en Ouzbékistan et au Turkménistan. De manière globale, il est cependant conseillé de ne pas montrer de signe ostentatoire de richesse et de surveiller ses effets personnels. Des cas de vol à la tire ont notamment été rapportés dans les transports en commun. Dans l’ensemble des trois pays, il est préférable de n’utiliser que des taxis dûment licenciés.

Le risque politique est relativement faible ; les manifestations organisées par les mouvements d’opposition sont cependant réprimées. Des tensions entre communautés, rares et localisées, conduisent parfois à des heurts. Il convient de respecter les consignes de sécurité des autorités et de se tenir à l’écart des rassemblements.

Dans une région sous tension, le risque terroriste est considéré comme modéré au prix d’un contrôle sécuritaire important, voire omniprésent dans les zones sensibles (cf. infra).

 

Un risque sismique à prendre en compte

Au Kazakhstan, Almaty a été détruite à deux reprises par des tremblements de terre au cours du siècle dernier. Ailleurs dans cet immense territoire, les secousses de faible et moyenne intensité sont fréquentes.

L’Ouzbékistan se trouve également dans une zone à risque sismique élevé. En 1966, la ville de Tachkent, essentiellement construite en pisé, a été très endommagée. En 2011, une secousse dans la vallée de Ferghana a fait plusieurs victimes. La même situation prévaut au Turkménistan.

Pour plus d’information sur la conduite à tenir en cas de séisme, il est conseillé de consulter la rubrique « risques naturels » du site internet « Conseils aux voyageurs » du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Une fiche-réflexe concernant le risque sismique peut également être téléchargée sur le site internet de l’ambassade de France à Tachkent.

Il est, enfin, toujours recommandé de s’inscrire sur le service « Ariane » du même ministère afin d’être tenu informé en temps réel de la situation en cas de crise.

 

Les transports : point d’attention très spécifique

Toutes les sources le soulignent, les accidents de la route sont très fréquents. Il convient par conséquent d’être extrêmement prudent au volant et vigilant à l’égard du comportement des autres conducteurs. La présence de véhicules arrêtés, de piétons ou de bétail sur la chaussée (y compris sur les voies rapides) est fréquente.

L’accès à des régions reculées ou mal desservies doit être planifié avec soin : la circulation automobile hors des grands axes routiers peut être difficile en raison de la détérioration des chaussées et des risques climatiques. Les conditions routières sont de plus en plus hasardeuses en hiver. Durant ces mois-là, il arrive régulièrement que des autoroutes et des routes soient fermées à cause du froid, du vent et de la neige. Au Turkménistan tout particulièrement, les contrôles routiers peuvent être nombreux et tatillons.

Il est recommandé de privilégier la location de véhicule avec chauffeur professionnel.

 

Des grands espaces aux confins très surveillés

L’essentiel des territoires qui nous intéressent ici est accessible aux voyageurs et classé en jaune (vigilance renforcée) par le Quai d’Orsay ; les cartes ad hoc figurent à l’onglet « sécurité » des fiches pays Kazakhstan, Ouzbékistan et Turkménistan du site évoqué précédemment.

Il importe cependant de prendre en compte un certain nombre de « no-go zones » :

Au Kazakhstan :

La région au sud de Kourtchatov et de Semipalatinsk (ou Semeï), qui présente un taux de radioactivité particulièrement élevé, le site ayant accueilli de nombreux essais nucléaires soviétiques.

D’autres zones font l’objet de restrictions à la circulation des ressortissants étrangers :

– Dans la province de Jambyl : la ligne de démarcation entre les provinces de Jambyl et d’Almaty.

– Dans la province du Kazakhstan occidental (ouest) : les districts de Bokeiordinski et de Jangalinski, soit tout le quart sud-ouest.

– Dans la province de Qaraghandy (centre) : les bourgs de Prioziorsk et Goulchad, situés sur la rive septentrionale du lac Balkhach.

– Dans la province de Qyzylorda (sud) : la ville de Baïqonyr, les districts de Karmakchinski et Kazalinsk, soit le cours inférieur du fleuve Syr-Daria jusqu’à la partie orientale de la mer d’Aral.

Sont également très contrôlés les territoires se situant dans un périmètre de 25 km le long des frontières extérieures (et plus particulièrement de la frontière chinoise à l’est).

L’accès à l’ensemble de ces zones est soumis à autorisation (« propousk »), à solliciter préalablement auprès de la police de l’immigration. L’obtention de cette autorisation se fait sous un délai d’une dizaine de jours. L’entrée sans autorisation dans une zone soumise à restriction expose les contrevenants à de sérieuses difficultés.

En Ouzbékistan :

La zone frontalière avec l’Afghanistan (sud) est classée en rouge (« formellement déconseillée ») et peut être le théâtre d’accrochages. La frontière est strictement gardée par les autorités ouzbèkes. Il est interdit et dangereux de s’en approcher. La ville de Termez accueille de nombreux réfugiés afghans et sa proximité avec la frontière afghane incite à la prudence.

Les déplacements dans la zone frontalière avec le Tadjikistan (sud-est) sont formellement déconseillés en raison d’un potentiel risque terroriste.

Par ailleurs, les frontières avec le Tadjikistan et le Kirghizstan (est) ne sont pas encore parfaitement délimitées et restent contestées. Bien que des points de passage aient été ouverts vers le Tadjikistan, des mines restent encore présentes.

Enfin, dans l’extrême nord-ouest du pays, la république autonome du Karakalpakstan a été l’objet de violentes émeutes à l’été 2022, notamment à Noukous, la capitale, où l’on a déploré une vingtaine de morts et des blessés graves. L’état d’urgence y a depuis lors été levé, mais il conviendra de demeurer sur ses gardes.

Ailleurs, les grands sites touristiques (Samarkand, Boukhara, Khiva) sont sécurisés.

Les touristes étrangers doivent cependant obtenir une autorisation pour se rendre dans les contreforts des montagnes de Guissar (ou Hissar ; est du pays, frontaliers avec le Tadjikistan) et sur le site de Sariasiys, dans la région de Sourkhandaria (province du sud-est limitrophe de l’Afghanistan et du Tadjikistan). Il convient de formuler une demande auprès des autorités (ambassades d’Ouzbékistan à l’étranger ou ministère des Affaires étrangères à Tachkent) avant de s’y rendre.

Au Turkménistan :

Il est formellement déconseillé de se rendre dans la zone frontalière avec l’Afghanistan.

 

Un système de santé dégradé

Le Kazakhstan a suivi l’ancien système soviétique de fourniture de soins de santé gratuits et universels, bien qu’il soit bien en deçà des normes internationales. Il existe un petit réseau de cliniques privées complétant l’offre de service de santé publique. Les capacités de prise en charge sont cependant limitées.

Les établissements de santé ruraux ne pourront fournir que des soins immédiats mais basiques. Ils disposent généralement d’un personnel insuffisamment formé.

Un traitement médical de qualité dans les grandes villes (Nour-Soultan, Almaty, Atyrau et Aktau) est excessivement onéreux et les frais devront être avancés sous forme de « deposit ». Une liste de notoriété médicale figure sur le site de l’ambassade de France. Ce dernier relève que les urgentistes ne parlent généralement que le kazakh ou le russe et que les temps d’attente pour les ambulances peuvent être longs. Les problèmes médicaux ou les blessures graves nécessiteront une évacuation aérienne vers un pays disposant d’installations médicales plus adaptées.

Pour être complet, les pénuries de fournitures médicales essentielles sont courantes.

La situation est similaire en Ouzbékistan et la plupart des expatriés se rendent à la seule clinique médicale internationale de Tachkent (références sur le site de l’ambassade de France). En dehors des grandes villes, dans la plupart des cas, les établissements locaux ne pourront fournir qu’un traitement d’urgence provisoire.

Il conviendra également de prendre garde aux médicaments disponibles sur le marché noir du fait des pénuries : des produits périmés ou des contrefaçons se rencontrent régulièrement.

Le Turkménistan présente le même tableau, avec un point d’attention supplémentaire : la difficulté (longs délais le plus souvent) d’obtenir les autorisations d’atterrissage pour des avions sanitaires en cas de rapatriement lourd et le nombre réduit de vols internationaux au départ d’Achgabat. Note complémentaire : l’ambassade de France est un « poste de présence diplomatique » au format réduit (les questions consulaires de routine sont traitées à Bakou, en Azerbaïdjan) mais répondant cependant aux urgences.

Dans l’ensemble de la zone, aucune vaccination n’est obligatoire mais certaines sont vivement recommandées : mise à jour diphtérie-tétanos-poliomyélite (DTP), en incluant rubéole, oreillons et rougeole chez l’enfant, et vaccination antituberculeuse. En fonction des conditions locales de voyage, la vaccination contre la fièvre typhoïde et les hépatites virales A et B peut être recommandée. Celle contre la rage peut également être opportune en cas d’exposition aux animaux (randonnées équitation par exemple).

Une mention toute particulière mérite d’être faite (notamment au Kazakhstan) pour les risques liés aux morsures de tiques : l’encéphalite à tiques et la maladie de Lyme.

 

Comme pour de nombreux pays à forte singularité, un voyage en Asie centrale se vit avec intensité et se prépare avec un spécialiste.

GEODESK met donc à votre disposition son expertise-terrain et des partenaires de qualité afin de définir vos besoins, et vous proposer formation, couverture et accompagnement ad-hoc.

N’hésitez-pas à nous contacter !

 

 

[Note : la terminologie utilisée pour les noms de lieux est celle du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.]

(c) crédit photo : Jean Beaudoin.

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