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L’avenir du voyage : les séjours étudiants à l’étranger, spleen ou boost post-Covid ?

Article spécialisé | 10 novembre 2021

La crise liée à la pandémie de Sars Cov2 et à sa gestion a profondément impacté une population pour laquelle la première expérience d’expatriation est souvent la première clef d’une carrière : les étudiants internationaux.

La rentrée 2021 est l’occasion de dresser un bref bilan et de dessiner ce que peuvent être les parcours à venir et l’accompagnement dont ces jeunes futurs professionnels auront besoin.

L’année universitaire 2020/2021 demeurera dans les annales : en temps normal, près de 100.000 étudiants français partaient chaque année à l’étranger pour un ou deux semestres selon Campus France, cité par le Figaro. Le ministère de l’enseignement supérieur parle de 20% en moins par rapport à l’année précédente mais, dans certaines universités comme celle de Poitiers, la chute a été de près de 40%, qu’il s’agisse de mobilité entrante ou sortante.

S’ajoute à cette baisse brutale quatre phénomènes qui risquent de laisser des traces dans les cursus et les esprits :

  • Le rapatriement en urgence de milliers d’étudiants en cours d’année scolaire 2019/2020 et des répercussions parfois chaotiques sur leurs études,
  • Le blocage à l’étranger d’un certain nombre d’entre eux, avec les mêmes répercussions,
  • La transformation de très nombreux cours présentiels en distanciels en cours d’année 2020/2021 et un impact psychologique non-négligeable,
  • L’incertitude qui a pesée lors des inscriptions en première année d’enseignement supérieur à mobilité obligatoire, sans qu’aucune visibilité ne soit possible.

Selon le cabinet américain Cialfo, cité par Courrier international, « malgré la Covid-19, les études à l’étranger attirent toujours ». En juillet 2021, 60% des lycéens interrogés sur un échantillon d’une centaine de nationalités n’avaient pas renoncé à leur projet de cursus hors de chez eux, mais plus des trois-quarts craignaient de ne pas profiter pleinement de l’expérience et plus de la moitié s’interrogeait sur des frais de scolarité demeurés identiques pour des cours à distance.

On a vu ainsi de grandes universités réfléchir à la création de « diplômes délocalisés », c’est-à-dire, par exemple, de cursus effectués dans une université britannique mais avec des cours suivis sur un campus dans le pays d’origine de l’étudiant. Une telle solution, si elle génère certains espoirs, comporte cependant deux limites : elle ne sera pas implémentée en une année scolaire et, surtout, elle procède d’une « mobilité immobile » un peu vaine.

Une analyse récente du Monde, permet cependant de préciser les évolutions à venir : les séjours étudiants à l’étranger auront toujours la côte, mais vont très probablement subir un certain remodelage.

L’optimisme semble donc de mise : parlant des étudiants entrants, Campus France évoque même dès cet automne un « effacement de l’effet Covid » ; plus de 110.000 visas pour étudiants étrangers ont en effet été traités ou sont en instance de traitement dans nos consulats, soit peu ou prou les chiffres de 2019.

Il est vrai que la France a choisi, tout en respectant une politique de quarantaine pour les pays de zones rouge et orange, d’opter de manière volontariste pour le « tout présentiel » pour accueillir les étudiants visiteurs. Il n’en est pas forcément de même ailleurs : aux Etats-Unis, seulement 24% des établissements ont adopté cette attitude et d’autres Etats affichent une volonté de fermeture ou de strict contrôle pour encore quelques temps, notamment en Asie & Océanie (Chine, Japon, Singapour, Australie).

Face à cette nouvelle donne, les universités et grandes écoles françaises se sont donc recentrées sur l’Europe.

Ainsi, Science Po voit cette année 55% de ses étudiants partir sur notre continent contre 35% habituellement. A la Strasbourg business school, les chiffres sont respectivement de 65 contre 55. Point intéressant : lorsque l’on interroge les partants sur les raisons de ce choix, ce ne sont pas les incertitudes de circulation ou de santé qui viennent en premier, mais le vœu de travailler en présentiel.

Plus globalement, tous les établissements assistent à une contraction du nombre de leurs partenaires : Science Po, encore elle, a confirmé 200 accords avec des écoles étrangères, contre 470 en temps normal.

Les processus de sélection des étudiants, des établissements d’accueil et la logistique des séjours (billetterie avion, lieux d’hébergement, assurances voyage et rapatriement) vont par ailleurs nécessiter une attention toute particulière. Ainsi, lors de la réunion de pré-rentrée des responsables « mobilité internationale » des universités françaises, un atelier a ainsi été consacré au renforcement des services chargés de ces questions.

L’école de commerce EM Normandie a pérennisé en ce sens sa « task force Covid » ; il s’agit en effet de suivre des situations sanitaires et des règles en vigueur dans les pays d’accueil ou de départ qui évoluent très rapidement dans un sens ou dans l’autre, nécessitent une réactivité quasi-immédiate, et donc de savoir choisir les bonnes sources de conseil et d’accompagnement.

A Nantes, l’école Audencia affiche clairement son ambition : « Partout où c’est possible, même si c’est complexe, on accompagne les étudiants ».

Dans cette même ville, l’Université dispose d’un espace dédié de conseil aux étudiants sur la préparation de leur expatriation. Sont notamment mis en avant le site internet du Ministère de l’Intérieur, pour consulter les conditions d’entrée et de sortie du territoire français par rapport à la destination, celui du Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères, pour consulter la fiche concernant le pays de destination dans la rubrique « conseils aux voyageurs », où se trouvent toutes les informations relatives à la crise sanitaire mais également les informations concernant la sécurité, ainsi que Re-open EU, site internet de l’Union Européenne d’informations liées à la COVID-19 dans les pays de l’Union.

Les établissements français paraissent donc bien motivés et mieux armés pour éviter les déconvenues et désarrois constatés l’an dernier : de l’avis général, après plusieurs générations Erasmus, rien ne peut en effet remplacer l’expérience de vie sur place qui fait la richesse des échanges internationaux et, étant donnés les coûts et les enjeux, l’attention portée à l’encadrement et à l’anticipation devient primordiale.

Via CGEA, sa filiale spécialisée dans l’assurance étudiante, Geodesk accompagne les élèves et les enseignants de toute nationalité fréquentant les écoles françaises à l’étranger.

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