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Birmanie : Troubles et instabilités limitent les déplacements

Newsroom | 1 juillet 2021

Attirant le visiteur pour ses potentialités économiques, la Birmanie traverse une période politique très trouble qui affecte les visites et les déplacements et fait se détériorer une situation sanitaire déjà très sommaire alors que les problématiques sont réelles.

Une période politique très trouble

L’ouverture de la Birmanie au monde extérieur s’est grandement accélérée à la fin des années 2000, puis avec l’arrivée d’Aung San Suu Kyi au pouvoir en 2015, après des années dans l’opposition et en résidence surveillée. Fille du général Aung San -le chef de la lutte contre le colonisateur britannique- « the Lady » comme l’appellent ses partisans a cependant dû composer avec des militaires demeurés très présents dans l’appareil d’Etat : 25 % des sièges du Parlement, le contrôle des ministères de la défense, de l’intérieur et des frontières, ainsi que le droit de suspendre la Constitution et de reprendre le pouvoir en cas de menace sur le pays. Après un très net succès aux élections législatives de novembre 2020, elle envisageait de réformer la Constitution pour mettre fin à cette mainmise. La ligne rouge était franchie pour l’ex-junte et, le 1er février de cette année, un coup d’Etat l’a déposée et une action en justice aux motifs flous a été lancée contre elle.

Depuis lors, les manifestations, tout d’abord pacifiques, font désormais face à une répression à balles réelles. On estime à plusieurs centaines le nombre de manifestants tués et à près de 3000 le nombre de personnes arrêtées, dont un grand nombre est porté disparu.

Un mouvement de désobéissance civile d’ampleur et des appels à la grève générale impactent les secteurs bancaire (l’accès aux liquidités monétaires est difficile) et hospitalier (fermeture de la quasi-totalité des hôpitaux publics du pays ; seules certaines cliniques privées sont encore accessibles). Suite à l’adoption de mesures restrictives, les réseaux de télécommunications et Internet sont régulièrement perturbés.

Sans ouverture de dialogue, certains militants anti-Junte ont rejoint les zones frontalières déjà tenues par des rébellions ethniques et tentent de créer une coalition avec eux : la Thaïlande devient ainsi la base arrière de la « résistance ».

Des voyages et des déplacements très restreints

De fait, sur la page « Birmanie » du site internet « conseils aux voyageurs » du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, il est fortement déconseillé de se rendre actuellement dans le pays. Dans le même souci de précaution, « les résidents en Birmanie sont invités à limiter au maximum leurs déplacements et à le faire en cas de nécessité avec la plus grande prudence. Il convient d’éviter toute présence dans les rassemblements. Par ailleurs, la multiplication des explosions d’origine inconnue, à Rangoun et dans l’ensemble du pays, appelle à une vigilance renforcée. Il convient en particulier d’être vigilant dans les endroits fréquentés et liés à l’appareil d’État, les institutions en charge de la sécurité ou réputés être la propriété des institutions militaires ou de leurs responsables. »

Il est également précisé qu’un couvre-feu de 22 heures à 4 heures du matin est en vigueur sur la plupart du territoire. La loi martiale a même été instaurée à partir du 15 mars 2021 pour 6 des townships (cantons) de la région de Rangoun (Hlaingthaya, Shwepyitha, north Dagon, south Dagon, Dagon Seikkan, north Okkalapa). Le couvre-feu dans ces 6 townships est en vigueur de 19h00 à 05h00 du matin.

Plus généralement, la quasi-totalité des régions frontalières est en zone « rouge » (formellement déconseillé). Ainsi, d’ouest en est :

– le nord et le centre de l’État Rakhine (Arakan). Des affrontements violents avec l’armée ont lieu régulièrement près de la frontière entre le Bangladesh et l’État Rakhine, mais aussi au centre de cet État sur les routes menant à la capitale régionale, Sittwe. Les zones du nord de cet État, à partir du township de Maungdaw jusqu’aux townships de Mynbia et Myebon plus au sud, ainsi que la capitale régionale, Sittwe, sont formellement déconseillées. Il en est de même dans le township de Mrauk-U, y compris le site archéologique éponyme, en raison des incidents armés, de la présence d’engins explosifs et de risques d’enlèvements ;

l’Etat Chin, y compris la zone frontalière avec le Bangladesh, en raison de la présence de groupes armés et des combats signalés dans le township de Paletwa ;

– le nord de la région de Sagaing, frontalier de l’Inde et de l’État Kachin ;

– la plus grande partie de l’État Kachin et dans le nord de l’État Shan, (région de Kokang en particulier), dans la zone qui longe la frontière chinoise et dans la zone à l’est de Mogok, car des combats y opposent l’armée birmane et des groupes ethniques armés, ou des groupes ethniques armés entre eux. La présence d’engins explosifs a été signalée ainsi que des incidents dans les zones de Muse, Kutkai, Lashio, Hsipaw et Kyaukme ;

– l’État Kayah ;

– le nord de l’État Kayin (Karen) ;

– les zones qui bordent la frontière du nord de la Thaïlande (à la frontière des Etats Shan, Kayah et Kayin), en raison de la persistance d’incidents entre les groupes armés ethniques, l’armée et les garde-frontières.

Outre les conflits en cours, la présence, après des décennies de combats, de champs de mines antipersonnel est un danger majeur ; selon certaines sources non gouvernementales, la Birmanie se situe aux premières places mondiales pour le nombre de victimes dues aux mines antipersonnel terrestres sur les cinq dernières années.

Enfin, et c’est un phénomène nouveau dans ce pays réputé pour son hospitalité, une petite délinquance envers les quelques touristes qui viennent encore apparait : vols à l’arrachée ou cambriolage d’hôtels. Quelques cas d’agressions plus sérieuses dans des quartiers isolés, ou la nuit, ont été relevés.

Il importe enfin de signaler que la législation anti-drogue est particulièrement sévère et que les ambassades étrangères ne sont pas toujours prévenues immédiatement de l’arrestation de l’un de leurs ressortissants.

 

Carte Birmanie site MEAE

Un système de santé sommaire ; des problématiques sanitaires réelles.

Les infrastructures de santé en Birmanie sont particulièrement vétustes. En cas de maladie sérieuse, il est préférable de se rendre en Thaïlande ou à Singapour.

En cas d’accident ou de problème de santé, il est formellement conseillé de se rendre à Rangoun, Mandalay ou Naypyitaw pour une hospitalisation ou une consultation, les hôpitaux des autres villes étant peu fiables. A Rangoun, les voyageurs peuvent s’adresser 24 heures sur 24 à la clinique Samitivej International, dont l’équipe soignante comprend un médecin français ou à la clinique International SOS.

Afin de faire face aux frais d’hospitalisation et aux dépenses de santé, parfois très élevés, il est vivement recommandé de disposer d’un contrat d’assistance ou d’une assurance permettant de couvrir tous les frais médicaux (chirurgie, hospitalisation, etc.) et de rapatriement sanitaire, au risque de ne pas avoir accès aux soins, y compris en cas d’urgence vitale. Ces frais ne pourront en aucun cas être pris en charge par l’ambassade de France sur place.

Il est vivement conseillé de constituer sa pharmacie personnelle avant le départ et de ne jamais consommer des médicaments achetés dans la rue (risque de contrefaçons).

Aucune vaccination n’est obligatoire mais certaines sont recommandées :

– mise à jour de la vaccination diphtérie-tétanos-poliomyélite (DTP), ainsi que la vaccination rubéole-oreillons-rougeole (ROR) chez l’enfant ; la vaccination antituberculeuse est également souhaitable,

– vaccinations contre la fièvre typhoïde et les hépatites virales A et B,

– vaccination contre la méningite bactérienne et l’encéphalite japonaise en cas de séjour long en zone rurale,

– vaccination contre la rage dans les mêmes circonstances.

Il conviendra également de connaître les risques de dengue, de typhus des broussailles (transmis par les tiques) et de diarrhées (bactériennes, virales ou parasitaires) qui sont particulièrement fréquentes.

Pour être complet, une mise en garde est nécessaire avant d’entreprendre des randonnées organisées par certaines agences de voyages dans des régions très éloignées des principales villes du pays, tout à fait démunies de secours d’urgence et d’infrastructures hospitalières : il est fortement conseillé aux personnes, même jeunes, voulant participer à ces excursions, de prévoir, avant leur départ, une visite médicale pour s’assurer de leur parfaite aptitude à ces conditions très difficiles. La météo et le relief peuvent en effet s’avérer excessivement exigeants.

En Birmanie, comme d’autres pays isolés d’Asie du sud-est, un voyage se prépare soigneusement, quelles que soient la nature et la durée du séjour ; l’aide d’un courtier spécialisé dans le sur-mesure à l’international vous permettra de cerner et couvrir vos besoins et de disposer de l’information pertinente au bon moment.

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